Une traversée symphonique

Je sais L'Itinériste à été enlevée et je devrais faire acte de contrition, me frapper la poitrine, voire carrément envisager l'immolation en place publique. Non, je me dis que ayant souhaité l'intervention de Mumustercard, Dirty bad joke et Blablatar, laissons faire les gens compétents. Et toute cette bande reviendra lors d'un prochain texte.
En attendant donc pause d'Itinériste et prenons un peu de bon temps en solo sur l’île de Koh Mook. J'embarque à bord d'un long tail boat (voir photo) accompagné d'Allemands, beaucoup d'Allemands, rien que des Allemands.
Habillés d'une peau couleur écrevisse après cuisson par Gizou du Viala (comprenne qui pourra), ils commencent par tous s'asseoir sur le coté droit du bateau, donc le bateau penche à droite, sur la demande du capitaine ils bougent mais tous en même temps à gauche et rebelote le bateau penche à gauche. Après quelques gestes d'énervements du capitaine ils finissent par comprendre et se répartissent de manière à peu près équilibrée.
Le bateau flirte quand même avec la limite de flottaison au delà de laquelle il risque de couler au fond d'une mer dangereusement infestée de requins et de couillons d'Allemands. Faut dire que l'élevage à la bière et à la saucisse de Francfort est assez efficace sur les formes volumétriques (j'adore les concepts qui m'échappent) des occupants de ce pays. Ils sont 6, avec le Capitaine et moi ça fait 8, et ils vont arriver à nous faire couler. Ils s'agitent particulièrement sur l'avant, et c'est parti pour les selfies, avec l'appareil photo c'est Ludwig qui fait les gros plans de Gertrud qui se dresse sur l'avant du bateau, minaudant de son corps d'obus version 155mm. Le maillot qu'elle a déjà enfilé et quand je dis qu'elle a enfilé un maillot, je dirais plutôt que le maillot a été aspiré. Elle bouge son corps et Ludwig bombarde. Appareil photo argentique, numérique, à soufflet, de pied, de profil de face, smartphone, caméra Go pro, Polaroid, tout y passe.
Et Gertrud bouge et bouge encore son corps atomique. Elle bouge tellement Gertrud que le bateau tangue et qu'une furieuse envie de gerber me transperce le diaphragme de la cellule. Le capitaine fait de grands gestes afin de calmer Ludwig et Gertrud mais Ludwig reste sourd multipliant ses symphonies photographiques jusqu'au requiem de sa batterie. C'est par le langage manuel qu'il fini son hymne à la joie visuelle. Caressant sa durcinée il s'imprime de son corps.
Et telles deux boules de feu lourd transpercent la fragile coque du navire. Gertrud et Ludwig coulèrent les premiers et par un miracle Germanique colmatèrent le trou d'amour dans lequel il s’enfoncèrent. Nous partîmes 8 et par un prompt accident nous nous vîmes 6 en arrivant au port.
   Mais qu'allait il donc faire de toutes ces photos ? Un cadre à 1 euros acheté chez Lidl et accrochage du portrait dans les toilettes entre la photocopie jaunie des Jeunes filles au piano de Renoir et la photo de mariage à Baden Baden au « Palais de la saucisse ».
Dans la cuisine, prés de la truite qui chante de leur fils Franz ?
Dans la salle à manger entre une reproduction bon marché d'une nature morte de Cézanne et la photo du berger Allemand gambadant dans le jardin une patte de chat dans sa gueule ?.
Gertrud pourrait nous faire une belle nature semi morte !

Long Tail Boat 1
Long Tail Boat 2

Photo et suivantes: Il faut réparer quand on coule!





Photo et suivante ,Koh Mook : l'envers du décor à marée basse


Commentaires

  1. Ach so !!!!!!! Du bist in holidays mit le gros Wolfgang von Berlin. Ferme your eyes et oreilles die kamaraden von Deutschland vont nourrir the sharks. You can recule a bit more for ein schön foto. / Eric .

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