Trop de Chinois et moi, et moi, et moi.

Visiter un musée seul est souvent un rêve inaccessible. Pouvoir déambuler tranquillement entre les allées sans être importuné par le Robert Doisneau du smartphone, par le Man Ray du Pentax à 12500 Euros filtres et zoom à photographier la lune en plein jour est ici une rareté aussi douce que de pouvoir boire avec son verre à soi en terrasse.
Le pire est la visite du groupe de Chinois. Drapeau jaune en tête et mégaphone crachouillant, nos visiteurs ne riz-golent pas! cinq musées, 3 temples et 8500 photos (chacun) nos razes moquettes feraient une jaunisse en cas d'échec.
Première technique: rentrer avant eux, j'ai l'avantage de la mobilité, on ne bouge pas un seul homme motivé comme une trentaine de Pékins moyens. Mais rapidement mon avantage se perd. Je vois le groupe qui file comme un Fleuve Jaune me poursuivant tel un Mongol affolé. Je sens le souffle citronné du poursuivant dans mon cou, l'odeur de la pousse de riz me chatouiller les petits pieds. Je ne riz-gole plus. Je me sens perdu comme un tartare cherchant un vase Ming au milieu du désert de Gobi
A ce moment là j'ai la possibilité de me cantonner à une simple attente du groupe mais le bruit se fait puissant tel un char d’assaut sur la place Tiananmen un soir de printemps. Le mégaphone m'andchourdi les oreilles (désolé!!), la troupe n'a pas besoin de boussole pour avancer tel un boulet de canon dans les allées du musée. Mon cerveau n'imprime plus rien, je me cache pour observer le passage du troupeau d'Hanes (désolé aussi). Ils n'ont qu'un mot, qu'une seule obsession, photo. Ils ne sont pas prés de révolutionner une visite culturelle.
Habillée en noir et blanc un bébé panda qui semble confus suce une glace tel un bambou au lait de soja, et prend des poses qui seraient interdites dans leurs propres cités. Un autre pose le V de la victoire comme si il avait marché pendant très longtemps. Malgré les interdictions ils tâtent, évaluent en bons commerçants la possibilité de copier certains meubles. Pendant ce temps les Chinoises rient de leur pitrerie.
 Ma chance aucune inscription n'est en Chinois, donc après avoir riz-jaune, nos mandarins du voyage ne traînent pas, bridés dans leur soif de connaissances. Zé dong laissé passer la troupe qui Tang telle une jonque (désolé pour la 3éme fois promis j’arrête). Confus je suce (je remets ça pffff c'est plus fort que moi) la glace du panda oubliée dans un coin et le troupeau termina par une photo commune.
Me voila enfin seul dans ce musée comme le dernier empereur du palais.
Chinese men

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Commentaires

  1. J'ai aimé cette ville J'irais bien y faire une retraite Bisous et bon vent en attendant de te revoir M&M's

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  2. Là tu nous décris la version "Fu-MAnchu et ses disciples avancent tel un char blindé dans un magasin de porcelaine", mais tu as omis de décrire la forêt de perches à selfies brandies telles des hallebardes à Marignan (1515). Le chinois en visite, comme le sud-coréen ou le japonais, c'est Attila déboulant dans les plaines autrichiennes.
    Ceci s'équilibrant avec le troupeau de retraités français vitupérant sur l'heure qui passe et la faim qui tenaille alors que leur guide tente de leur faire entrapercevoir un pan de la délicate et sublime dentelle de marbre d'un reliquaire datant de Mathusalem.
    Et ne pas oublier les amerloques, beuglant à s'en faire péter les cordes vocales tout en jetant leurs gobelets de coca à moitié pleins (ou moitié vides, selon le point de vue) à même le sol à deux enjambées d'une poubelle vide et qui donc le restera.
    Voyager, c'est aussi se coltiner, effaré, cette insondable bêtise de l'Homme en foule; cette régression au stade oral du touriste en voyage organisé, la résurgence des instincts primaires fondés sur l'égoïsme dès que le foyer natal est distant de plus d'un kilomètre.
    J'ai la nostalgie de mes jeunes années où l'on ne croisait que de l'indigène dans les contrées lointaines, où voyager était une aventure, et où les rares touristes croisés au hasard des périples devenaient des amis pour la vie.
    Le plus glauque, c'est que les autochtones sont depuis contaminés par ce tourisme beaufisant et qu'à moins de s'exiler au fin fond de marais insalubres dans une jungle impénétrable, il n'y a désormais que peu de chance de pouvoir goûter l'âme d'un pays.
    Je dis ça, mais dans 8 jours je reprends le sac-à-dos.... car le monde est chouette, et s'il n'y avait pas les tours opérators, alors on atteindrait le sublime !

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    1. Que reste t'il au voyageur impénitent Camarade Bernard, un séjour dans une Creuse habitée d'Anglais fuyant leur île brexitisée, un Cantal odorant fromage et ennui, une Corse aux mille vaches sur 2m2? Peut être que le grand Kim Jong Un sera le dernier résistant d'un paradis protégé de la luxure et la perte de nos âmes!! Que paix soit rendu à sa résistance contre l'oppression capitalistique!!!

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  3. Ce blog libère la parole des amis voyageurs ou non donc à mon tour....A défaut de jungle impénétrable pour goûter l'âme d'un pays, il suffit parfois de sortir des grands axes touristiques dans une ville ou un village.... et de venir se perdre un peu dans quelques rues ou chemins non signalés dans les guides.... et on a de fortes chances de faire de belles rencontres et des petites découvertes innatendues.
    Lolo

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  4. Dis Teuteu ramène moi un vélo en bambou Stp. J'adore ! 😍

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  5. Lolo, va voir par là.... du pur made in France avec les bambous d'Anduzze:
    http://inbo.fr/fr/content/34-velos

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    1. Merci Bernard pour l'info... mais Je vais devoir économiser pendant au moins 3 ans sans voyages pour pouvoir me payer ce sublime 2 roues made in France! Tant pis je vais marcher à pieds encore quelques temps moi.�� lolo

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  6. Ils sont là, ils sont partout...........Il y a même des wine tours et ils débarquent dans nos villages et nos campagnes..........Euhhhhhhhhhh l'accompagnateur il n' a pas l'accent Sétois par hasard LOL.
    Sympa ce vélo en bambou tu as raison Lolo. Par contre tu vas prévoir des heures sup pour te payer le made in France. / Eric

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